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Compensation : Vraies ET fausses idées

La compensation carbone est souvent décrite comme une mauvaise pratique et un mauvais signal. En effet, l’argument serait que les entreprises achèteraient un droit à polluer au lieu de réduire leurs émissions de CO2. Selon ces injonctions il faudrait  les pousser à réduire les émissions AVANT de mettre en oeuvre de la compensation (captation ou contribution sont plus adaptées).

Essayons de clarifier les concepts :

CONCEPT 1 : Réduction / compensation :

La compensation prend la forme d’une réduction d’émission, que celle-ci soit réelle dans le processus de production par exemple,  ou par un investissement dans les ENR…. ou une absence de déforestation….. beaucoup plus douteuse en qualité. Elle est plus logiquement fondée sur une « émission négative » (CDR Carbon Dioxyde Removal), industrielle – CCS ou DAC- ou Nature Based Solution = par exemple planter des nouvelles forêts.

Ce mauvais procès fait à la compensation/contribution/captation Carbone représente une vraie confusion intellectuelle et scientifique à deux niveaux (au moins).

  • D’abord l’argument le plus simple est qu’une émission négative posée en face d’une émission bien réelle de CO2, vaut mieux que pas d’émission négative.        
  • L’idée de Net0 telle que poussée par l’UE est que la somme des émissions résiduelles de CO2 à l’horizon 2050 doit être égale ou inférieure à la somme des captations de CO2.

Il vaut mieux un net0 peut être médiocre conceptuellement ou moralement mais vérifiable comptablement qu’une émission de CO2 non compensée…

CONCEPT 2 : ça coûte combien une valorisation du coût carbone ?

L’achat par une entreprise de quotas obligatoires (EU ETS par exemple) COUTE aujourd’hui 60€ la t de CO2, ce coût vient réduire la rentabilité de l’entreprise. C’est donc bien un enjeu financier et non pas seulement un enjeu environnemental: on a déjà changé de dimension.

De manière très concrète, les actionnaires et les dirigeants de l’entreprise vont donc mettre en oeuvre des investissements de réduction d’émission pour avoir moins besoin d’acheter des certificats carbone et rétablir leur rentabilité, ou alors fermer l’installation industrielle coupable d’émissions non réductibles (ie. les centrales à charbon).

L’entreprise va parfois aussi essayer d’acheter des certificats carbone moins cher, c’est humain. C’est ainsi que de nombreuses entreprises européennes achètent des certificats carbone volontaires « produits » dans des pays à bas coût (à partir de 3€ la t contre je rappelle 60€ sur l’EU ETS…).

CONCEPT 3 : « Rapatrier » les certificats carbone :

Aujourd’hui les 2/3 des certificats volontaires mondialement produits sont achetés par des entreprises de l’UE, dont plus de la 1/2 sont sur des Nature Based Solutions ; mais 1% seulement des certificats produits mondialement le sont dans l’UE.

Il y a là un déséquilibre à corriger à la fois pour des raisons économiques et écologiques. En effet en obligeant les entreprises de l’UE à acheter des certificats plus chers produits localement, on renforce les bénéfices écosystémiques locaux (biodiversité, rafraîchissement local, rétention d’eau, développement de la résilience de nos écosystèmes).

Par ailleurs, la mise à l’écart par la Loi des certificats carbone Low cost va augmenter la pression sur les entreprises de l’UE pour qu’elles décarbonent leur production, pendant que le MACF va lui empêcher que des produits à forte teneur en C02 ne puissent entrer à bas couts dans l’UE.

En conclusion, la compensation carbone (par les CDR) est donc bien un mécanisme vertueux qui CONTRIBUE à pousser les entreprises vers un moindre niveau d’émissions de CO2 et les CDR NBS ont des co-bénéfices très significatifs localement qui justifient la mise à l’écart des CDR même NBS produits en mode low cost lointain.

Olivier de Montety, Co-Fondateur de Trees-Everywhere