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Biodiversité : pourquoi la préserver ?

Nous avons vu dans l’article précédent les éléments de la biodiversité et comment ses écosystèmes s’organisent et vivent entre eux. 

Une richesse inestimable

Si l’on devait trouver un synonyme au terme de biodiversité, richesse serait sans aucun doute le plus adapté. Cette richesse se manifeste en premier lieu sous nos yeux, par la diversité des paysages, des êtres vivants et plus généralement du monde qui nous entoure et dont nous faisons également partie.

Richesse ensuite, car à ce jour, les experts ont dénombré près de 1,9 million d’espèces différentes sur la Terre, ce qui est un formidable réservoir de biodiversité. Certains scientifiques évoquent même une fourchette de 3 à 100 millions d’espèces sur Terre. 

Chaque année, environ 18 000 nouvelles espèces sont décrites et certaines disparaissent avant même d’avoir été identifiées (Source : Réseau Canopé).
Il s’agit donc d’une formidable réserve dont nous ignorons même la réelle dimension.

Richesse afin, car c’est face à sa dégradation que nous prenons conscience de son caractère précieux. Il en va de notre survie et chaque atteinte à la biodiversité est une atteinte à notre propre espèce.

Une érosion grandissante

L’érosion de la biodiversité fait partie depuis 2009 des 6 limites planétaires qui sont à ce jour considérées comme franchies, parmi les 9 existantes. 

 Elle se traduit par l’augmentation du taux d’extinction d’espèces, du déclin de population de certaines espèces et par la dégradation de leur environnement. 

Chaque année, on estime que 27 000 à 100 000 espèces disparaissent de la surface du globe, soit 74 espèces par jour… 3 par heure (Source)

À l’échelle planétaire, 150 000 à 260 000 espèces se sont déjà éteintes.

La dégradation de la biodiversité est le marqueur le plus parlant des conséquences de l’activité humaine, menée sans tenir compte des conséquences sur le monde environnant :  destruction et fragmentation des milieux naturels, surexploitation des milieux et des espèces sauvages, pollution des milieux, mais aussi changement climatique, qui ont notamment pour origine l’hyper consommation, la déforestation, les pratiques intensives en matière d’élevage et d’agriculture, la surpopulation et qui constituent autant d’attaques pour le monde qui nous entoure.

Ainsi, chaque année, des dizaines d’espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes etc. disparaissent définitivement de la surface de la Terre, emportant avec eux une diversité dont l’absence a de lourdes conséquences sur notre propre existence car lorsque son environnement se détériore et s’appauvrit, les conditions de vie de l’homme se détériorent et s’appauvrissent.

Une prise de conscience collective et une nouvelle tendance

Face à ces constats alarmants, des mesures de protection et de restauration des biodiversités sont mises en place. Elles constituent un début et marquent une volonté d’améliorer la situation. Cependant, les efforts à fournir vont bien au-delà de ces premières dispositions.

Au niveau mondial, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique est un traité international, dont le triple objectif est « la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de la diversité biologique et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources énergétiques » . Cette Convention a été ouverte à la signature le 5 juin 1992 lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement de Rio de Janeiro. Elle enregistre à ce jour 168 pays signataires. 

Au niveau européen, la création d’aires protégées permettant de préserver des milieux naturels est une des réponses face à cette érosion.

Le réseau Natura 2000 est constitué de sites naturels, classés en Zones de Protection spéciale et Zones spéciales de Conservation. Ces zones concernent les milieux terrestres et marins et elles tendent à protéger l’habitat naturel et les espèces qui s’y trouvent tout en permettant une activité humaine basée sur un développement durable.

D’autres actions vont dans ce sens, comme les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) qui  intègrent désormais les enjeux de la biodiversité dans les grandes orientations d’aménagement du territoire,  mais aussi les réserves naturelles régionales, les zones de protection spéciales, les trames vertes et bleues. 

En agriculture des outils et mesures d’encouragement sont mis à disposition. Ils ont pour but de valoriser et protéger la biodiversité dans des espaces exploités en incitant les agriculteurs à adopter de bonnes pratiques. Il s’agit des Mesures Agro-Environnementales et des paiements pour services environnementaux.

Protéger et restaurer

Restaurer la biodiversité passe aussi par des actions réparatrices. La plantation d’espaces boisés est un des axes de cette restauration. La reforestation permet de recréer des habitats naturels pour des espèces dont l’habitat initial a été endommagé. La présence d’arbres est en effet un élément majeur de biodiversité. Dans l’agriculture aussi, des pratiques vertueuses apparaissent. Des haies sont plantées après avoir été arrachées afin de permettre aux tracteurs de passer et pour uniformiser les parcelles. Ces haies permettent de recréer des corridors écologiques, favorisant le déplacement de la faune sauvage.

Aujourd’hui, beaucoup d’exploitants agricoles plantent des vergers, des haies de hauteurs diverses et constatent que les auxiliaires de cultures s’installent à nouveau près de leurs champs.

Une vie sous nos pieds

La biodiversité des sols, tout particulièrement, a un rôle déterminant dans la croissance des végétaux. Le monde qui vit et grouille sous nos pieds œuvre pour cette croissance. Aux commandes de ce formidable réseau, des chaînes de démantèlement de la litière des sols et leurs multiples acteurs. Une chaîne de découpage et de fragmentation activée par des mollusques, des acariens, des insectes divers, qui se chargent de découper les feuilles et les résidus végétaux en petits morceaux. Ils ingèrent ensuite ces fragments et les restituent sous forme de boulettes. Entrent ensuite en scène les acteurs de la chaîne de broyage et de mélange de concentration. On trouve à ce stade des organismes de la micro-faune tels que les lombrics. Leur jabot est rempli de particules minérales qui  broient et mélangent le contenu digestif. Ils brassent ensuite les boulettes fécales et les fragments de végétaux restants, ainsi que l’argile. Ce faisant, ils préparent le travail des métaboliseurs et la création du complexe argilo-humique (argile et humus).

Enfin, la chaîne de métabolisation prend le relais dans cette formidable organisation. Les bactéries et les champignons décomposent de manière biochimique les molécules organiques. Une partie entre dans le complexe argilo-humique, une autre est dissociée jusqu’au stade de gaz carbonique, de nitrates et d’eau.

Cette formidable organisation permet aux sols de restituer aux plantes une partie de leurs besoins. Les arbres, qui se nourrissent de cette richesse, jouent également un rôle grâce à leur système racinaire qui crée des conditions dans les couches profondes du sol et qui favorisent l’alimentation en eau et en minéraux des végétaux en surface. Leurs feuilles et leurs branches constituent par ailleurs une matière à décomposer pour les ouvriers du sol que nous venons d’évoquer.

Une étroite interdépendance

Écosystèmes et biodiversités sont donc constitutifs l’un de l’autre. Sans écosystèmes, point de biodiversité. L’inverse est aussi vrai. Une biodiversité appauvrie dégrade voire fait disparaître des écosystèmes.

Il en va de la biodiversité comme il en va de l’avenir de notre espèce. Nous sommes étroitement liés, interdépendants. La biodiversité a aujourd’hui besoin de l’intervention de l’homme pour être protégée de cette même présence de l’homme et de l’érosion galopante qui en résulte. 

L’homme a besoin de cette biodiversité pour sa propre survie. 

En choisissant de créer des zones forestières durables, non exploitées, avec un judicieux choix d’essences locales très variées (de 20 à 40) et une forte densité, Trees-Everywhere contribue à régénérer des sols appauvris et à apporter de la biodiversité. Les entreprises comme les collectivités territoriales mais aussi les citoyens dans leur ensemble prennent conscience de la fragilité de cet environnement et de la nécessité d’agir, maintenant. 

Les investisseurs institutionnels commencent à considérer la biodiversité comme un facteur clé dans leurs investissements de projets environnementaux. 

Les prochaines années seront déterminantes. Face à un changement climatique que nous ne pouvons plus arrêter mais seulement ralentir, face aux enjeux planétaires de surpopulation et de surproduction, face à la surexploitation des ressources, à la destruction des habitats naturels,  il nous faut enfin prendre conscience que cette biodiversité est en somme la branche sur laquelle nous sommes installés. 

 

Catherine Cassan – Mai 2022